Pour en finir avec le pseudo-retour sur investissement de la formation

Parler de "retour sur investissement de la formation" est quasiment un automatisme lorsque l'on évoque les sujets relatifs à l'évaluation de la formation, à son efficacité, à son efficience, etc. Le fameux "ROI de la formation" est ainsi devenu une expression "tarte à la crème" (à ranger à côté de la formation-investissement, de l'investissement-formation, etc.), vidée de son sens pour avoir été répétée au fil des années sans jamais amener des preuves concrètes et matérielles de cette hypothétique rentabilité de la formation.

Pour s'en convaincre, quelques petites recherches sur le web nous permettent de constater (de déplorer ?) l'emploi de cette expression pour vanter le programme de tel petit déjeuner ("Externaliser la formation pour maximiser le retour sur investissement", sic !), ou pour mettre en avant les fonctionnalités de tel LMS ("Avec notre nouvelle interface de conception des modules de formation en ligne, le ROI est garanti !").

Il est grand temps de dire STOP !

Cet abus terminologique décrédibilise la formation dans son ensemble, notamment aux yeux des responsables financiers qui savent très bien que l'investissement en formation n'est, bien souvent, qu'une vue de l'esprit, tant ils en attendent depuis longtemps la démonstration "comptable".

Il ne suffit pas d'accoler systématiquement le terme "investissement" à la formation pour garantir la rentabilité d'une action de formation : pour parler de retour sur investissement de la formation, il faut être en mesure de démontrer que les bénéfices de la formation (gains et/ou économies) sont supérieurs aux coûts de la formation (directs et indirects).

Or, combien de professionnels de la formation prennent le temps de cette démonstration ? Pour simplifier, rappelons qu'il existe deux grandes méthodes pour évaluer le retour sur investissement :

  • La méthode de l'analyse de l'utilité qui, si elle paraît moins exigeante sur le plan des méthodes, nécessite certains pré-requis organisationnels (en premier lieu, des référentiels de compétences solides et des managers formés pour évaluer les compétences des collaborateurs formés).

Alors avis aux supporters du "ROI de la formation" à toutes les sauces : il est temps de joindre le geste à la parole, de ne pas en rester au stade des incantations façon méthode Coué ("La formation est un investissement, la formation est un investissement...") et de passer à la pratique.

Aux autres, qui ne souhaitent pas s'engager dans une telle démonstration pour différentes raisons (manque de temps, d'argent, de méthodes...) mais qui attendent une démarche pragmatique et réaliste pour démontrer la valeur de la formation, notamment à ceux qui la questionnent (direction générale, responsables financiers, etc.), je vous présenterai dans le prochain article une approche alternative : celle du retour sur les attentes.

N'hésitez pas à partager cet article ;-)