Attractivité des hôpitaux : comment l’optimisation du temps peut permettre de concilier les intérêts des équipes et de l’organisation ?

Attractivité des hôpitaux et optimisation de la planification

Attractivité des hôpitaux : la planification optimisée un allié trop souvent oublié...

De nouvelles pistes dans l’enjeu de l’attractivité des hôpitaux. Le CHU de Bordeaux a expérimenté deux approches métier. Deux aides-soignants sont placés sur des missions d’accueil de gestion des parcours patients et de l’intendance et deux préparateurs en pharmacie sont assignés dans les services à hauteur de 60% de leur temps. L’objectif : alléger la charge qui pèse sur les infirmiers afin de leur permettre de se recentrer sur les soins aux patients, leur cœur de métier. 

 

Retrouver du sens dans son métier, un enjeu d’attractivité pour les infirmiers dont le travail est entravé en grande partie par les activités afférentes aux soins. Dans certaines unités du pôle de l’appareil digestif, endocrinologie et nutrition du CHU de Bordeaux, leur taux atteint les 60%, alors que la moyenne sur l’établissement est d’environ 45% pour les infirmiers. Pour Laurence Layan, la cadre supérieure du pôle, le taux idéal serait plutôt de 60 à 70% de soins. C’est pourquoi elle a été autorisée à utiliser des postes vacants avec difficultés de recrutement pour expérimenter de nouveaux métiers. Son objectif : permettre aux infirmiers de “revenir à leur cœur de métier, refaire du soin relationnel et ne pas être interrompus en permanence par des tâches administratives et logistiques qui pourraient être réalisées par d’autres”. 

Réduire les “irritants” du quotidien pour plus d’attractivité des hôpitaux

Un projet mis en place consiste à positionner deux aides-soignants en mi-temps thérapeutique sur les soins d’accueil, le parcours patient et l’intendance (Sappi), le second projet correspond à l’intégration de deux préparateurs en pharmacie au cœur des unités de soins pour y gérer les médicaments. Côté missions, les Sappi ont la responsabilité de faire que les patients disposent de toutes les informations nécessaires pour leur arrivée à l’hôpital, afin d’éviter les interruptions en cours de soins pour des problématiques “matérielles” ou administratives. Des informations qui s’étendent des questions de téléphone, télévision, taxi, jusqu’au test RT-PCR dont l’oubli est synonyme d’annulation de l’hospitalisation. Cette démarche d’optimisation est déjà utilisée en chirurgie ambulatoire ou en hôpital de jour. 

 

Côté pharmacie, les préparateurs passaient 100% de leur temps en pharmacie et les infirmiers effectuaient les commandes basées sur prescriptions, rangeaient la pharmacie, géraient les péremptions, les piluliers et les stupéfiants. La gestion du médicament

Aujourd’hui 40% du temps des préparateurs est dédié à la pharmacie, pour passer les 60 % restants auprès des soignants afin de les libérer de cette charge. 

 

Un bilan déjà positif

Les premiers effets de ces projets se sont déjà fait sentir. Au-delà de la réduction importante du nombre d’interruptions de tâches, ces nouveaux fonctionnements ont permis d’éviter l’annulation d’hospitalisations pour cause notamment d’oubli de rendez-vous ou d’arrêt de traitement. Le taux de test RT-PCR est quant à lui reparti à la hausse, évitant d’autres annulations d’intervention.

 

Concrètement, pour les infirmiers, ces aménagements ont permis d’augmenter significativement la part de soin et de réduire les retards dans les soins techniques et de base. Côté accueil, les patients ayant été préparés en amont, on passe de 45 minutes à 25 minutes dédiées à l’accueil et l’installation. 

Quels outils numériques au service de l’attractivité des hôpitaux pour les infirmières ? 

Les logiciels de GTA (Gestion des Temps et Activités) peuvent, à leur échelle, contribuer à fluidifier le quotidien des soignants et décharger la part administrative, facilitant le déroulement des soins et leur présence auprès des patients. Ils permettent notamment une planification des activités simple et intuitive, qui aide à prendre rapidement connaissance des ressources disponibles à un instant T. En d’autres termes, qui fait quoi et où, à quel moment. Une planification visuelle au sein même d’un service, qui permet par ailleurs d’identifier rapidement les moments de présence des ressources extérieures à ce service, comme dans ce cas les préparateurs en pharmacie. Ces outils présentent un autre avantage : celui de pointer les manques en termes d’activité sur un planning donné. Par exemple, l’absence de personnel dédié à l’accueil des patients sur une journée complète ou partielle peut être plus facilement anticipée et corrigée. 

Les prestataires de solutions SIRH ont un rôle important à jouer dans le soutien de l’attractivité de l’hôpital. En travaillant au plus près des problématiques des personnels soignants et non soignants, ils portent le défi d’alléger la part administrative et de simplifier les parcours. L’objectif : participer à redonner leur sens à ces métiers et améliorer leur qualité de vie au travail.

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