TOP 10 des biais cognitifs à connaître avant de réaliser des questionnaires de formation professionnelle

Biais cognitifs et questionnaires

Biais cognitifs et questionnaires : un top 10 à découvrir dès maintenant !

Pourquoi biais cognitifs et questionnaires ne font-ils pas bon ménage ? Si ces réflexes inconscients ne posent pas de souci la majorité du temps, ils sont en revanche problématiques dans le domaine de la recherche et des sciences basées sur la donnée, où des réponses partiales et inexactes peuvent entraver les prises de décision. Voici les principaux biais cognitifs à identifier et éviter dans le cadre de la formulation de questionnaires.

Pourquoi éviter les biais cognitifs dans les questionnaires ?

Le terme “biais cognitif” décrit des mécanismes intellectuels et inconscients chez les individus, qui se traduisent dans une grande variété de situations de la vie de tous les jours. Ces “raccourcis” intellectuels sont d’une part une aide à la décision au quotidien, dans toutes les situations où nous ne disposons pas de la totalité des informations pour trancher ou simplement prendre position. D’autre part, ces phénomènes d’ordre psychologique ou psychosociologique traduisent des réflexes de défense du sujet interrogé, par exemple de l’image qu’il se fait de lui-même. 

Par définition, un biais cognitif est un schéma de pensée trompeur et faussement logique. Dans le domaine de la recherche, ces mécanismes, souvent basés sur des systèmes d’analogie, sont considérés comme “limitants” et comme des erreurs de raisonnement. C’est pourquoi l’on cherche à éviter ces biais cognitifs dans la construction des questionnaires. Dans certains cas, ces biais peuvent être utilisés pour susciter un comportement attendu de la part du sondé, comme dans le cas de l’effet Hawthorne (voir ci-dessous).

10 biais cognitifs et leurs effets dans les questionnaires (Partie 1)

1 – Biais affectif

Ce biais affectif correspond à une déformation du jugement entraîné par l’état affectif de la personne. Être de mauvaise humeur ou d’humeur joyeuse influence le recueil d’informations au moment de se soumettre au questionnaire. 

Comment l’éviter ?

Ce biais cognitif figure parmi ceux sur lesquels il est difficile d’exercer une influence, puisque l’état affectif de chacun dépend de nombreux facteurs, de la vie professionnelle à la vie privée. Cela dit, il est possible d’inviter le sondé à prendre un moment pour s’installer confortablement et se détendre avant de démarrer le questionnaire. Il est par ailleurs préconisé de réaliser le questionnaire « à chaud » le lendemain de la formation.

2 – L’effet Hawthorne

Le simple fait de participer à une enquête ou répondre à un questionnaire influence l’état d’esprit du sondé. Celui-ci, conscient que l’on attend quelque chose de lui, aura tendance à montrer une plus grande motivation, une plus grande confiance et se montrer plus positif dans ses réponses.

Comment l’éviter ?

En proposant des petits questionnaires régulièrement en cours de projet plutôt qu’une seule grande enquête, pour instaurer une habitude. Lors de la mise en place d’un processus et/ou d’un outil d’évaluation, celui-ci s’améliore dans le temps. Avec l’habitude et une communication adaptée, les participants répondront plus (augmentation des taux de retour) et mieux.

3 – Biais de désirabilité sociale

Avec ce biais cognitif, on cherche à se montrer sous une facette la plus positive possible face à la personne qui interroge ou observe, quitte à exagérer ou mentir. Il peut être rapproché de l’effet Hawthorne dans la manière dont il influence le comportement de la personne sondée. Avec ce biais, par exemple, on admettra difficilement avoir certains comportements connotés négativement, comme le fait de gaspiller l’eau ou la nourriture. De même, dans d’autres contextes, les interviewés auront tendance à surévaluer certains de leurs comportements et à en masquer d’autres comme des orientations politiques extrêmes. 

Comment l’éviter ?

Afin de s’assurer une homogénéité de réponses, il convient de baser son questionnaire sur un panel suffisamment large afin de varier les points de vue et identifier les questions sujettes à ce biais pour les reformuler ou inclure une échelle de désirabilité sociale. En formation, nous préconisons que le participant remplisse le questionnaire seul, en dehors de l’influence du formateur.

4 – Effet de consentement

Autrement appelé “biais vers le oui” ou “biais d’acquiescement”, il correspond à la tendance à choisir des réponses positives (oui, vrai, etc). Une tendance qui s’explique par plusieurs facteurs, comme le souci de politesse, le désir de faire plaisir, la facilité, le désir de ne pas avoir à justifier une réponse négative, par hésitation ou encore par peur de ne pas paraître intégré. Ce biais cognitif se retrouve par ailleurs lorsque la question suggère la réponse comme dans la question suivante : “Les compétences numériques sont-elles aujourd’hui indispensables pour un ingénieur pédagogique ? oui/non”

Comment l’éviter ?

Pour contrer ce biais cognitif, il convient :

  • d’éviter les questions fermées (oui/non, vrai/faux), 
  • d’alterner les propositions de réponses positives ou négatives dans la formulation des questions
  • de réduire les questions commençant par “êtes-vous d’accord” ou “admettez-vous que…”
  • de poser plusieurs fois la même question en changeant l’énoncé de manière à ce qu’il soit formulé de façon positive et négative.
Formation, évaluation et satisfaction

10 BIAIS COGNITIFS ET LEURS EFFETS DANS LES QUESTIONNAIRES (PARTIE 2)

5 – Biais de conformisme social

Ce biais cognitif implique que la personne interrogée choisit ses réponses en fonction d’un idéal moral ou social. Il cherche à donner des réponses attendues dans le but de se conformer à ce qu’il pense être la norme. Ce biais s’explique en partie par le désir d’éviter le conflit ou d’avoir à se justifier, la peur du rejet par rapport au groupe, mais aussi la pression du groupe ou d’un certain modèle de pensée majoritaire. 

Comment l’éviter ?

Encourager les sondés à répondre selon leurs propres opinions en les rassurant sur le caractère anonyme du questionnaire, par exemple. 

6 – Peur du changement 

Dans les questionnaires, le biais cognitif correspondant à la peur du changement à pour effet de provoquer une résistance systématique à toute question qui sous entend ou provoque une rupture avec quelque chose d’habituel. On le retrouve par exemple à la suggestion de changement de méthodes de travail, mais aussi lorsque le questionnaire change subitement de thème, sans transition. Dans ces situations, le sondé réagit bien souvent par le repli, voire le refus de poursuivre le questionnaire. 

Comment l’éviter ?

Il convient de construire le questionnaires en clarifiant pour le sondé les unités thématiques que constituent chaque ensemble de questions. Il peut s’agir par exemple de préparer le répondant à la prochaine thématique en lui expliquant les domaines auxquels vont toucher les prochaines questions. 

7 – Réponses suggérées par la question

Comme son nom l’indique, ce biais cognitif implique que si la question comporte des indices sur la réponse à y apporter, l’enquêté les saisira forcément. Dans certains cas, il s’agira de questions dans lesquelles le sujet comprend la réponse souhaitée. Dans d’autres, la réponse propose deux options de réponses dont l’une est illogique ou socialement inacceptable. Par exemple : “Le leadership est-il une compétence souhaitable chez un manager ? oui-non”

Comment l’éviter ?

Le questionnaire comportera préférablement des questions ouvertes ou une réponse basée sur une échelle, si c’est impossible, il convient de reformuler les questions afin de gommer la suggestion. 

8 – L’effet d’ancrage

Dans l’effet d’ancrage, la personne interrogée aura tendance à baser ses réponses et ses réflexions sur les éléments qu’elle a reçus en premier. Dans le cas d’une question aux choix de réponses multiples les propositions formulées au premier à l’oral ou apparaissant à gauche en haut à l’écrit seront plus facilement choisies. 

Comment l’éviter ?

Pour contourner ce biais cognitif, il convient par exemple de conditionner les réponses à apparaître de manière aléatoire pour les questionnaires en ligne. 

9 – Effet de halo

Ce biais cognitif se manifeste de plusieurs façons. Dans certains cas, il se manifeste lorsque le questionnaire présente une série de questions sous la même forme, ou utilisant la même échelle de réponse. Ici le sondé aura tendance à répondre de la même manière à toutes les réponses. Dans d’autres cas, on parle d’effet de contamination, lorsque l’ordre des questions influence les réponses. La réponse donnée à la première question peut influencer le reste des réponses. Enfin ce biais cognitif intervient lorsque le sujet éprouve un sentiment négatif à l’égard d’une question ou de la personne/l’organisme qui propose le questionnaire. Une fois le sentiment négatif ressenti, il peut contaminer la manière de répondre au reste des questions.

Comment l’éviter ?

Casser le rythme des questions en inversant les échelles ou en intercalant la forme des questions (positif/négatif, ou question fermer/à choix multiples). Il convient par ailleurs de disperser les réponses susceptibles de se contaminer dans le questionnaire

10 – Le biais spatial

La majorité des individus présente un biais d’attention à gauche. Une étude à montré qu’en présentant le même questionnaire à deux groupes en inversant l’échelle pour les réponses (de “tout à fait d’accord” à “pas du tout d’accord”), le groupe dont la réponse positive était à gauche présentait 27% de réponses positives en plus. 

Comment l’éviter ?

Une solution peut être de proposer un questionnaire dont 50% des items sont classés de droite à gauche, et 50% de gauche à droite. 

Pour aller plus loin, plus d’exemples de biais cognitifs dans les questionnaires ici :   https://www.cedip.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Fiche_62_cle581f59.pdf

évaluation d'une formation : des outils d’enquête non adaptés

Pour finir d’illustrer ce propos, prenons l’exemple de l’utilisation des questions à branchement conditionnel qui est un piège fréquent. La fonctionnalité qui peut servir dans des enquêtes classiques, a de quoi attirer : vous déclenchez des questions en fonction de la réponse à la question précédentes.  

Mais à quoi sert-elle ?  

Elle permet de ne pas poser des questions à des personnes non concernées, ce qui revient à dire que les participants ne sont pas tous concernés par la question posée. D’une part, il est improbable que vous ne questionniez qu’une partie du groupe et d’autre part cela va donner le sentiment au participant qu’il n’est pas concerné ou que vous n’avez pas besoin de son avis, et c’est l’effet inverse de celui recherché. Enfin cela va complexifier énormément le questionnaire, vous donner des taux de retour non plus globaux mais par question et des résultats difficilement interprétables dans le cadre d’une évaluation de formation. 

à propos d'horizontal software

Il existe sur le marché des outils spécialisés dédiés dans l’évaluation de formation pour les organismes de formation ou les universités d’entreprise pour éviter ces écarts.

Prenez contact avec nous et nous nous ferons un plaisir d’échanger avec vous sur ces sujets ! 

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